L’histoire du Mali en quelques mots

 

Le Mali du 4ème siècle à nos jours

La République du Mali, est un pays d’Afrique de l’Ouest, frontalier de la Mauritanie et de l’Algérie au nord, du Niger à l’est, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l’ouest.

Quelques données à connaître :
La République du Mali, est un pays d’Afrique de l’Ouest, frontalier de la Mauritanie et de l’Algérie au nord, du Niger à l’est, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l’ouest.

Capitale : Bamako
Président : Ibrahim Boubacar Keïta
Population : 15 millions de Maliens
Devise : Franc CFA
Gouvernement : République unitaire, Régime présidentiel / parlementaire
Langue officielle : Français
Langues nationales : notamment Bambara, Peulh, Soninké, langues Touareg, Arabe, Dogon

Le Mali est actuellement en voie de reconstitution après une période d’amputation d’une partie de son territoire par une rébellion locale du nord appuyée par des éléments extérieurs. Une intervention militaire française a permis au pays de recouvrer son intégrité et des institutions démocratiques.
La situation actuelle est le résultat d’éléments spécifiques développés ci-après dont certains favorisent l’unité de l’Etat alors que d’autres, au contraire, tendent à le diviser.

A : LE MALI DE L’UNITE :

-  LA RELIGION : le peuple malien pratique à 98% un Islam sunnite de rite malékite pour la plupart. Il s’agit là d’un élément fondamental d’unité pour cette jeune nation.

-  L’HISTOIRE PRECOLONIALE : Cette période a connu plusieurs empires et des constitutions successives de structures étatiques.

1) Trois grands empires se sont succédés de 300 à 1600 :
- L’Empire du Ghana préislamique (300-1076)
- L’Empire du Mali unifié en 1222
- L’ Empire Songhaï, qui supplante l’empire du Mali à partir du XVe siècle. Il s’étend sur la plus grande partie du Mali actuel. En 1591 l’empire est démantelé par les troupes du Maroc. C’est la fin des grands empires.
2) De 1600 à 1860, se succèdent les royaumes Bambaras de Ségou et du Kaarta, l’Empire Peul du Macina, l’Empire Toucouleur, le Royaume du Kénédougou, etc.
La pratique de l’esclavage se développe pendant cette période, de1650 a1861. C’est la période de l’« islamisation ». Oumar Tall, entreprend la création d’un empire théocratique musulman .Il islamise de force les populations qui ne le sont pas. A partir de 1861, lors de la pénétration française, il fera face aux français

3) C’EST LE DEBUT DE LA COLONISATION ET DE LA CREATION D’UN TERRITOIRE QUI DEVIENDRA UN ETAT AU SENS OCCIDENTAL DU TERME.
Dès 1860, a pénétration coloniale française, se fait à partir du Sénégal : les français conquièrent progressivement par la force et par la diplomatie tout le territoire de ce qui allait devenir le Soudan français puis le Mali à l’indépendance, malgré des résistances héroïques dont, en 1878, celle du chef SAMORY TOURE.
4) Le Soudan français : CREATION D’UN ETAT MODERNE
Le territoire malien, devient, en 1895, une colonie française intégrée à l’Afrique-Occidentale française , avec pour capitale Bamako.
A partir de 1900, la période de conquête coloniale se termine. En 1920 le territoire prend le nom de Soudan français ;la région est en paix. Mais la partie touareg du territoire marque toujours sa différence. Le territoire, hormis des modifications ultérieures mineures, est celui du Mali actuel.
A l’image de la France, le colonisateur français a mis en place un système très centralisé qui évolue vers plus d’autonomie pour les communes. Modibo Keïta, futur premier chef de l’Etat du Mali, devient ainsi le premier maire élu de Bamako.
Au plan du développement économique, les Français veulent développer les cultures irriguées dont les productions sont exportées vers la métropole et notamment l’arachide et le coton.
Par des enrôlements volontaires ou forcés dans les troupes coloniales, le peuple malien contribue largement par le sang versé à l’effort français des deux guerres mondiales du 20ème siècle.
5) La marche vers l’indépendance, l’indépendance et la formation de l’Etat.
a) La République soudanaise et la Fédération du Mali : 1945-1960
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France souhaite l’intégration d’Africains à la vie politique par les élections d’abord à deux collèges puis au collège unique, dans le cadre de l’évolution vers un état démocratique. Les élections se succèdent et les partis politiques se constituent : Parti démocratique soudanais, Parti progressiste soudanais, Rassemblement démocratique africain avec pour leader Modibo Keita .
b) Le Soudan au sein de l’Union française, l’autonomie de 1956, la République de 1958 .
- Modibo Keïta devient en France secrétaire d’État à la présidence du conseil du gouvernement français.
- La Fédération du Mali : en décembre 1958 est adoptée la constitution d’une Fédération du Mali, qui regroupe principalement le Soudan et le Sénégal . Modibo Keïta est pressenti comme président du gouvernement de la Fédération du Mali.

c) L’INDEPENDANCE
* Elle commence par une Crise de la Fédération : celle-ci ne survit pas aux divergences entre les Etats. Le Soudan devient seul indépendant sous le nom de Mali et Modibo Keita est le président de cette première république. Plusieurs régimes politiques (trois républiques) issus d’élections ou de coups d’état militaires vont se succéder jusqu’à la crise de 2013 :

*1960- 1968 : La Première république :
Se met en place une économie de type socialiste collectivisée avec des cultures de rente. Une catastrophe écologique en 1973 tue les 3/4 du cheptel, sinistre un tiers de la population et anéantit les productions vivrières. Les populations se réfugient en ville de façon anarchique ce qui ajoute à l’instabilité. :
Plusieurs industries sont créées avec l’aide financière de différents pays comme la Yougoslavie, la Corée du Nord, l’URSS et la République populaire de Chine
Des relations internationales de non-alignement et de panafricanisme affiché s’instaurent, dans un climat de relations difficiles avec la France. Le Mali joue un rôle actif au sein de l’Organisation de l’Unité Africaine.
Une première rébellion : En 1962, une première rébellion touarègue, à Kidal éclate pour refuser l’autorité du président Modibo Keïta. Les autorités maliennes la répriment durement et placent la région du nord sous surveillance militaire.

Le 19 novembre 1968 des officiers, dont le capitaine Moussa Traoré, renversent le régime de Modibo Keïta. Ils instaurent un régime militaire d’exception : la deuxième République. C’est le début de la période de division politique, celle du Mali de la division.
B : LE MALI DE LA DIVISION (1968 à 2013)
1/ Malgré les édifications étatiques de l’histoire passée, la colonisation et le premier régime politique issu de l’indépendance, les différences ethno/socio/culturelles demeurent, notamment le clivage – et non le seul- persistant entre les populations sédentaires du fleuve Niger et les populations d’éleveurs nomades du nord. Il faut rappeler que ni la religion commune ni la colonisation imposée n’ont atténué ces différences, qui ont indiscutablement et toujours réapparu à chaque péripétie historique et à chaque crise, quand elles n’ont pas provoqué ces dernières.
2/ Après l’indépendance, ces différences spécifiques traditionnelles ont été amplifiées par une instabilité institutionnelle chronique : Dès l’affaiblissement de l’emprise coloniale, cette tradition alimentée par les rivalités personnelles et ethniques aboutit à des changements assez anarchiques de régimes politiques qui ne facilitent pas une unité nationale officiellement recherchée. Cette instabilité va marquer le pays jusqu’en 2013. Cette période est marquée par des rébellions de la partie nord du pays, celles des nomades Touaregs qui se constituent en une structure séparatiste l’AZAWAD qui, face à l’action du gouvernement de Bamako , finit par se radicaliser et revendiquer une indépendance totale de son territoire, en faisant bon gré mal gré alliance avec des organisations islamistes radicales extérieures au pays .
La première rébellion touarègue de 1962 fut suivie d’une deuxième république militaire autoritaire, présidée par le colonel Moussa Traore jusqu’en 1991. Cette période fut troublée par des manifestations réprimées durement et, en 1990, par une nouvelle rébellion touarègue à l’occasion de laquelle est crée le mouvement séparatiste.
De1991 à 1992, une période de transition démocratique a suivi ; elle a conduit à une troisième République basée sur une constitution et sur l’élection ; elle fut présidée successivement par les présidents Oumar Alpha Konare et Amadou Tamani Toure (jusqu’au coup d’état des colonels de 2013 intervenu en violation de la constitution).
En 2011, une nouvelle rébellion touarègue a éclaté, revendiquant l’indépendance ; les troupes maliennes ont été impuissantes à la juguler ; ainsi pendant une année le territoire du nord a été occupé par des forces islamistes radicales qui, ayant pris le dessus sur les partis touaregs, ont procédé à une sécession de fait puis ont lancé une offensive sur Bamako. Il ne s’agissait plus dès lors de la création d’un Etat touareg mais de l’instauration d’un état radical islamiste - un khalifat- en Afrique de l’ouest.
Face à cette menace, le gouvernement de fait de Bamako a fait appel à une intervention française ( opération SERVAL) qui, après validation par les Nations Unies et avec le concours de troupes de pays limitrophes, a restauré la souveraineté territoriale complète du Mali, même si le problème militaire n’est pas encore totalement résolu.
CONCLUSION :
Cette intervention a permis la restauration d’un pouvoir constitutionnel donc légitime par l’organisation d’élections présidentielles et législatives - ; un président désormais légitimement élu gouverne à nouveau le Mali, avec une nouvelle Assemblée nationale suite aux élections législatives de fin 2013. Néanmoins, le problème de fond, celui de l’unité du pays demeure. Il ne peut être résolu que politiquement et là, la confrontation entre centralisateurs et décentralisateurs fait rage et complique les discussions menées avec les groupes touaregs eux-mêmes divisés dont on ne connait pas au demeurant les intentions réelles( revendication d’indépendance ou large décentralisation ?).A ce jour, la première option est refusée par Bamako et la seconde rencontre des résistances.
Que se passera-t-il après le départ des troupes françaises ? Il reste à souhaiter qu’une solution politique claire ait pu intervenir auparavant, afin d’éviter le risque important d’un retour à la situation antérieure, dont l’aggravation aurait des conséquences au-delà du Mali même.
Le Mali doit demeurer un Etat uni ; il semble qu’un degré élevé de décentralisation ne pourra pas être évité. Il devra être de nature à permettre l’épanouissement, dans un cadre national devenu incontesté, de toutes les identités forgées par l’histoire de ce grand peuple désormais en paix et uni, ami de la France qui lui est tant liée.

   
 
 
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