Historique de Kolokani (fr)

 

Les fondateurs de Kolokani, capitale de cette région géographique qu’on appelle le Bélédougou seraient
partis de Balanzan, probablement de l’actuelle région de Ségou. Après un long parcours, ils ont créé successivement
les villages de Gouenzena, Koumi et Kolokani. Seye Niama TRAORE, chasseur renommé de
Gouenzena à cause des rapports cordiaux qu’il eût avec la chefferie de M’Pella bénéficia de parcelles de
culture. Il s’installa avec les siens sur ces parcelles et fonda le village de Kolokani.

Selon une deuxième version les habitants de Gouenzena n’ont pas apprécié le départ et l’installation de
Seye Niama et les siens sur le site actuel de Kolokani. Après ce propos, ils auraient déclaré à Seye Niama et
à ses accompagnateurs « ils ne casseront pas un seul os » en Bambara « A te kolokary » Kolokary = casser
un os. Par déformation le mot devint Kolokani.

Il n’est pas prouvé
l’existence d’un puits
avant l’installation de Seye
Niama sous le « Wontlo »
arbre caractéristique de la
ville de Kolokani. Cet arbre
existe encore et abrite
toutes les cérémonies
traditionnelles importantes.

De la création du village à
nos jours, la chefferie a
été toujours assurée par
des Traoré.

L’histoire de Kolokani se
confond également avec la
résistance du Bélédougou
contre la colonisation.

La révolte du Bélédougou eût lieu en 1915. Après l’arrestation en 1899 des chefs guerriers et leur déportation
à Tombouctou, le Bélédougou se mît en ébullition. Leur retour en 1904 donna plus de vigueur à la résistance
contre les abus du colonisateur. En 1914 le Bélédougou refuse de fournir des tirailleurs devant
combattre auprès des troupes françaises. Le 15 février 1915 au niveau du marigot de Kodialan eût lieu
l’affrontement entre les troupes françaises et celles des Bambaras conduites par plusieurs chefs dont Diossé
TRAORE, Diouroukoro et Sambablé. La bataille fût mortelle et la révolte a été matée dans le sang.

Afin d’asseoir son autorité, le colonisateur a supprimé les chefferies de canton. C’est ainsi que :

• Kolokani devint poste administratif en 1915 ;

• Subdivision en 1958 ;

• Cercle en 1959 – Loi n° 59/AL/RS du 04/12/1959 promulguée par le décret n° 058/CG du
16/12/1959.
Le dicton populaire que l’on peut entendre dans Kolokani est l’histoire du chasseur Seye Niama Traoré.
Venu de Gouenzena, un village non loin de l’actuel Kolokani, ce dernier était parti à la chasse. Dans la
brousse du Bélédougou, l’eau est une ressource rare et précieuse. Les animaux et les végétaux en dépendent
aussi bien que les hommes.

Bon connaisseur de la brousse qu’il était, le vieux Traoré remarqua, jour après jour, qu’un bosquet était
plus habité par les animaux que les autres. Un bosquet touffu, impénétrable où les végétaux
s’épanouissaient plus qu’ailleurs.

Mais les animaux parvenaient à y entrer et à en sortir.

Le vieux Traoré décida un jour de tailler les branches emmêlées pour aller voir ce qui attirait les animaux,
espérant bien qu’il s’agissait d’une source.
Et en effet. L’eau y était présente. Il n’y avait qu’à creuser un peu plus pour la toucher.
Il décida, de venir s’installer avec sa famille en disant de retour au village, qu’une bonne source s’y trouvait.

En bamanakan, bonne source se dit : Kolon Ka gni, ce qui devint par la suite, Kolokani.
Traoré fut donc le premier habitant de l’actuelle ville, dont la chefferie du village a toujours été issue de
cette famille Traoré.

LAURE SALMON, OUSMANE KOUYATE AVEC UTILISATION DE TEXTES OFFICELS

   
 
 
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